4_Ne demande qu’à toi si je t’aimais

N’écris pas_Marceline Desbordes-Villmore

Marceline, l’amoureuse passionnée, plusieurs fois trahie, Marceline la mère, disparu en 1859, 40 ans avant son apparition parmi les six poètes maudits de Verlaine, 

Marceline  ayant survécu à trois de ses quatre enfants, comédienne, cantatrice et poétesse,  Marceline qu’on appela notre dame des pleurs. 

Marceline douce et fine, autodidacte dont le talent lui vaut une pension sous Louis Philippe,  les louanges de Balzac puis de Rimbaud et Verlaine, sur sa sensibilité et ses apports formels,  Marceline qui chante la femme mais tente aussi de la défendre dans un siècle qui la déconsidère ouvertement,  comme dans son roman autobiographique, L’Atelier d’un peintre, dans lequel elle met en évidence la difficulté pour une femme d’être pleinement reconnue comme artiste. 

On aimerait d’ailleurs  féliciter Paul d’avoir retenu au moins une femme, mais l’honnêteté oblige de rappeler l’idée de la femme qu’il se fait en écrivant :

 « Nous proclamons à haute et intelligible voix que Marceline Desbordes-Valmore est tout bonnement […] la seule femme de génie et de talent de ce siècle et de tous les siècles […] » pas beaucoup de place pour les autres donc… On notera l’approche à peine plus sophistiquée d’un autre misogyne notoire, Baudelaire, qui affirmait déjà qu’elle était « une âme d’élite […] qui est et sera toujours un grand poète » en notant que’ « Mme Desbordes-Valmore fut femme, fut toujours femme et ne fut absolument que femme ; mais elle fut à un degré extraordinaire l’expression poétique de toutes les beautés naturelles de la femme. » …

Passons sur ces jugements douteux et revenons à la poésie.

Une poésie d’avant garde avec des recherches rythmiques inédites, une écriture féminine et donc malheureusement rare, une simplicité assumée au plus proche du sensible : tout chez Marceline avait de quoi inspirer les musiciens. Et de fait les adaptations musicales de son œuvre foisonnent.  Voici Les séparés le poème tirée du recueil posthume « romances »  paru en 1886 sur une mélodie composée par  Julien clerc en 1997

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