16_La vie antérieure _Charles Baudelaire (poème seul)

J’ai longtemps habité sous de vastes portiques

Que les soleils marins teignaient de mille feux,

Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,

Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,

Mêlaient d’une façon solennelle et mystique

Les tout-puissants accords de leur riche musique

Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,

Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs

Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,

Et dont l’unique soin était d’approfondir

Le secret douloureux qui me faisait languir.

Une réponse sur “16_La vie antérieure _Charles Baudelaire (poème seul)”

  1. Par ce jour gris aux teintes océaniques
    Qui fait de mon salon un théâtre venteux
    Prenant podcast maudit comme tremplin de feu
    Je vois des soleils jaunes sur de perverses tuniques

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

1 + quatre =